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Nouveau Paradigme Ecologique - Femme avec le livre
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Livre Le nouveau paradigme écologique

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RÉSUMÉ :

Y a-t-il vraiment un nouveau paradigme écologique ? C’est depuis la Révolution scientifique que la vision du monde a cessé d’être holistique pour devenir essentiellement mécaniste, en France et dans le monde occidental en général. À travers la mécanisation du monde, c’est le contrôle de et sur la société que nous avons pu établir. Ce bouleversement n’est pas arrivé par hasard, il est révélateur d’un changement radical des pratiques et des représentations de l’époque, dont nous pouvons largement mesurer les effets aujourd’hui. Mais l’histoire montre notre capacité à surmonter les problèmes que nous pose notre environnement, surtout en temps de crise…

 

CARACTÉRISTIQUES :

Livre imprimé, 108 pages, broché.

2 formats disponibles: 27x19cm en dos carré collé (ISBN 978-2-9552150-2-9) ou 29,7x21cm en dos spirale (ISBN 978-2-9552150-1-2). 

Le format envoyé, sauf indication contraire, est le format disponible (actuellement format dos carré collé).

 

ENJEUX :

On peut reprendre ici les mots de Dominique Bourg dans sa préface de "Une autre fin du monde est possible" (éd. du Seuil), tant ils collent à l'analyse du livre :

"J’aimerais évoquer un souvenir de lecture dont il m’est impossible de retrouver la source. Nous sommes dans la Provence gallo‐romaine, vers la fin du ive siècle. Un patricien, à la tête d’un vaste domaine, s’enorgueillit de la puissance de Rome. La même campagne de fouilles nous apprend que, peu de temps après que son propriétaire a consigné par écrit sa fierté d’appartenir à l’Empire, la villa et ses habitants ont été victimes d’une incursion barbare. Il semble que les assaillants aient festoyé sur place et fêté leur crime en buvant dans le crâne de l’ancien maître des lieux. Peut‐être est‐ce le côté sinistre de cette histoire qui m’interdit d’en retrouver la trace.

Quoi qu’il en soit, les élites d’alors, comme celles d’aujourd’hui, affichaient un mélange d’arrogance et de naïveté, mâtiné d’un cynisme échevelé. Comme aujourd’hui, la fin de l’Empire a connu une montée vertigineuse des inégalités. Concédons toutefois qu’après des siècles de pax romana, il devait être difficile d’imaginer quelque chose comme la fin de l’Empire. Tout comme il nous est difficile d’admettre qu’après des siècles de « progrès », la civilisation thermo‐industrielle et ses taux de croissance élevés puissent se déliter.

Lecteur, si tu as ouvert ce livre, c’est bien parce que l’intuition d’un tel effondrement ne t’est pas étrangère. Je la partage également et suis même convaincu que nous sommes déjà entrés dans une dynamique d’effondrement dont les manifestations morales et politiques sont désormais tangibles. En quelques années, c’est un peu le même profil psychologique de dirigeant qui tend à s’emparer du pouvoir, jouant des peurs et de la haine, les attisant avec talent. Odieux et prétentieux à souhait, menteur et pervers, ruinant l’une après l’autre les digues qui protègent ses compatriotes de la violence du monde, physique autant que morale, Trump est le parangon de ces nouvelles élites dirigeantes. Nombre de ces représentants ont été élus et drainent l’admiration de certaines foules. La catastrophe, la dynamique qui la porte, sont ainsi morales avant d’être physiques. Comme dans la chanson de Serge Reggiani, les loups, trop humains, sont entrés dans Paris parce qu’ils y étaient déjà, tant la fraternité avait déserté la ville. La violence morale précède et nourrit la violence physique, mais surtout elle nous aveugle et nous désarme face aux menaces physiques qu’annonce l’entrée dans l’Anthropocène.

D’où précisément l’importance de ce livre de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle. La fête industrielle sera bientôt terminée. Nombre d’enjeux vitaux, à divers titres, occuperont de nouveau le devant de la scène. La fin de ce monde, et plus encore les mondes dont elle accouchera, dépendront étroitement des liens que nous parviendrons à tisser et de l’imaginaire que nous réussirons à inventer dans le futur le plus proche. Or, ce livre est à cet égard très précieux. Ce n’est pas un traité de collapsologie, mais de collapsosophie. Il n’a pas, en effet, pour fin de nous convaincre d’un probable effondrement – l’exercice a déjà été accompli – mais de nous préparer intérieurement à l’affronter, et en un sens à le dépasser, et ce en préparant dès maintenant l’après, le monde qu’il conviendra, parmi d’autres, de reconstruire sur des principes nouveaux.

Nous aurons conduit à la ruine un amour immodéré de l’Un, une obstination du simplisme dans notre approche de la réalité. Seuls le progrès (lequel ?), la science (celle de Bayer‐Monsanto et de ses protocoles science based ?), le calcul, le PIB, la croissance, la compétitivité, l’efficacité, la maîtrise de la matière (à quelle échelle et pour combien de temps ?), le capital, la liberté (laquelle ? de qui ? pour quoi ?), l’huma‐ nité (seule dans un monde minéral ?) devaient nous permettre de bâtir l’Éden ici‐bas. Le monde moderne aura été celui des slogans univoques, un monde d’une simplicité extrême : il convenait, sans autre considération, de croître, de s’arracher à la nature, de s’individualiser, d’automatiser tous azimuts, d’aller toujours plus vite et plus loin... vers un monde où l’on finit par redouter la venue de l’été de peur de suffoquer, de crainte d’être victime de quelque événement extrême, où contempler un scarabée licorne voler est devenu un phénomène, où les villes finissent par constituer des refuges de biodiversité tant les campagnes sont dévastées, où les sciences qui cherchent encore à comprendre le monde sans vouloir le simplifier plus encore, celles du climat ou de la biodiversité, dessinent des horizons de cauchemar, etc.

Stop ! Arrêtons de dévaler la pente de cette modernité délétère. Opposons‐lui notre intériorité, nos émotions et passions, nos enfants, nos amis, nos réseaux, notre intelligence et notre créativité. Réapprenons à épouser les méandres de la ou plutôt des réalités. Réapprenons que notre monde est plus que ce que nous pouvons dominer, fût‐ce par procuration, et même simplement comprendre. Sachons nous ressourcer auprès des sagesses du monde, sans les singer, sans avoir peur d’inventer. Sachons élever la et les spiritualités qui nous permettront de rester debout dans la tempête qui vient et de reconstruire une maison commune et ouverte.

Dominique Bourgphilosophe, université de Lausanne"

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